Histoire de l'Egypte antique



Egypte ancienne

La civilisation de l'Egypte ancienne bénéficia d'une longévité exceptionnelle. Façonnée par un environnement particulier, celui de la vallée et du delta du Nil, elle vit se développer une culture singulière aux aspects religieux et institutionnels marqués où dire et pratiquer Maât (l'ordre normatif universel et social, juste et équilibré de l'existant) se révélait primordial pour la cohésion du monde. Cette Maât se matérialisait dans la justice pharaonique, dans la vérité, l'exactitude et la mesure de toutes choses.
La société des pharaons s'est épanouie pendant plus de 3000 ans en profitant du cadre nilotique après avoir ancré ses racines dans une longue période préhistorique. Cette lente et longue maturation a permis aux Egyptiens de l'Antiquité de mettre en place les caractéristiques de leur Etat. A sa tête le maître des Deux-Terres, héritier des dieux égyptiens en tant qu'Horus dans son palais. Le pharaon est, en effet, le maître des rites et par délégation, il en charge les prêtres de toute l'Egypte. Des croyances religieuses et funéraires qui reposent sur une pensée dualiste typique de la mentalité égyptienne avec d'une part, le culte solaire et d'autre part, le culte osirien. Une économie pharaonique caractérisée par un système de centralisation organisée autour de recensements, puisque la terre d'Egypte et tout ce qui s'y trouve appartient en théorie au pharaon, d'un double grenier et de l'institution du Trésor. Une main-d'oeuvre qui est gérée par des bureaux de placements, par la corvée et par un système d'équipes à la hiérarchie bien définie. Une exploitation des terres, que celles-ci relèvent du domaine royal ou des temples, qui est confiée à des gestionnaires.
Durant les siècles qui ont précédé l'histoire de l'Egypte antique, les hommes firent l'acquisition d'un savoir-faire artisanal indispensable pour travailler les pierres les plus dures et ainsi mener à bien la construction des monuments pharaoniques que seront les pyramides, les temples solaires, divins ou funéraires, la statuaire, ainsi que l'orfévrerie. Bien entendu, l'invention du papyrus et de l'écriture hiéroglyphique déboucha sur le développement de toute une littérature autobiographique, sapientiale, fictionnelle, religieuse ou funéraire, ainsi que le développement d'une administration efficace permettant la gestion de tous les projets pharaoniques, de l'expédition aux constructions.
Bien des centres urbains connurent dès les dates les plus hautes une importance manifeste, d'autres en acquirent une au cours de l'Histoire : This, Abydos, Hiérakonpolis, Elephantine, Memphis, Héliopolis, Bousiris, Assiout, Licht, Thèbes, Qantir... pour ne citer que celles-là.
L'observation de la conservation naturelle des cadavres dans le désert donna naissance à la momification. Le Nil constitua une voie de communication fort prisée pour acheminer les matériaux de construction.
Le monde selon les anciens Egyptiens comprenait l'incréé et le créé. L'incréé, c'est le Noun, l'Océan primordial, espace liquide inerte, sans lumière, sans limites, aucune chose n'existe en son sein, si ce n'est le démiurge (celui qui vient à l'existence de lui-même dans une sorte d'auto-sédimentation au jour de la Création). Au moment de créer le monde, il se différencie donc en prenant selon les mythes la forme d'Atoum, de Ptah... et se met à concevoir en usant de différentes méthodes, là encore en fonction des différents mythes religieux de création, c'est-à-dire les cosmogonies d'Héliopolis, de Memphis, d'Hermopolis, d'Eléphantine, etc.
A la suite de cette action, le Noun n'a pas pour autant disparu. Désormais, il enveloppe le monde créé, permettant sa régénération, et se manifeste sous divers aspects, comme la nappe phréatique ou l'inondation. Ayant été repoussé pour laisser place à la Création, le Noun menace toujours de réabsorber le monde créé. C'est ainsi qu'Apophis, le serpent qui en est une manifestation menace chaque nuit la course du soleil, Rê : Il doit être vaincu afin que l'astre du jour puisse reparaître à l'horizon au matin. Aussi les pharaons se doivent de maintenir l'équilibre, par leurs actions et les rituels, en amenant maât et en repoussant le désordre jusqu'à ce que le monde finisse par retourner à l'incréé car le temps égyptien est double - cyclique et linéaire. Créé et incréé s'inscrivent dans un mouvement dynamique de recommencement perpétuel.



COMPRENDRE L'EGYPTE ANCIENNE AVEC QUELQUES DEFINITIONS


Le mot pharaon


pharaon

S'il y a un mot qui identifie immédiatement l'Egypte ancienne, c'est bien celui-là. Pourtant, ce n'est que tardivement que le terme pharaon, qui provient de l'égyptien per-âa, a été utilisé devant le nom du roi en tant que titre. En effet, il faut attendre la Troisième Période intermédiaire et la période libyenne (945 av. J.-C.) pour voir apparaître cet usage.

Les noms de l'ancienne Egypte

noms de l'ancienne Egypte
Il y a d'abord Taouy, c'est-à-dire "les Deux-Terres" représentées par la Haute et la Basse-Egypte, respectivement le sud et le nord. Ta-méri, appellation qui apparaît au Moyen-Empire, et qui ne signifie pas la terre aimée comme on le lit trop souvent de façon erronée, mais "la terre creusée" (par le Nil). Kémet, "la noire" à cause de la terre limoneuse par opposition à la rouge, le désert.

Le dieu Horus

le dieu Horus
Horus l'Ancien, Harsiésis est le dieu céleste dont le soleil et la lune sont respectivement l'oeil droit et l'oeil gauche. Horus de l'horizon, Harakhtès, représente le dieu solaire. Le pharaon, qui a reçu des dieux l'Egypte par dévolution successorale, est l'Horus dans le palais.
Dans le mythe osirien, Horus est le fils d'Isis et d'Osiris. Il possède quatre enfants qui président aux vases canopes protégeant ainsi les viscères du défunt qu'ils contiennent : Amset à tête humaine, Douamoutef à tête de chien, Hapy à tête de babouin et Qebehsenouf à tête de faucon. Ils sont associés aux points cardinaux. Toujours dans ce mythe, Horus est le protecteur de son père Osiris, Harendotès, ou encore Harpocrate, Horus l'enfant élevé dans le Delta, qui finira par représenter la fonction monarchique.



L'oeil d'Horus

l'oeil d'Horus
Quand Seth assassina son frère Osiris, il s'ensuivit une querelle entre lui et son neveu Horus, né d'une procréation magique post mortem d'Isis et d'Osiris. Durant cette lutte judiciaire pour l'héritage de l'Egypte que Seth voulait s'approprier, un combat eut lieu entre les deux dieux. Horus se vit arracher un oeil par son oncle et Seth se vit priver de ses testicules. Cet oeil sera finalement soigné par Thot et sera restitué à son propriétaire, devenant ainsi le prototype de l'offrande et de l'intégrité physique.


Les couronnes du pharaon

couronnes du pharaon
Parmi les insignes de la royauté, les couronnes tiennent une place privilégiée. Objets de puissance, elles sont adorées et leur manipulation est ritualisée. Il en existe plusieurs variétés simples ou composites, dotées d'un grand nombre de noms. Assimilées à l'Oeil d'Horus, ornées de l'uraeus, le serpent dressé prêt à lancer sa flamme protectrice, elles symbolisent le pouvoir. Attributs des rois et des dieux, les principales sont la couronne blanche de Haute-Egypte, sorte de mitre terminée par une boule, qui est liée à la déesse vautour tutélaire de cette région, Nekhbet. La couronne rouge de Basse-Egypte associée à la déesse serpent du nord, Ouadjet. Le pschent qui est la réunion des deux couronnes précitées et qui expriment la réunion des Deux-Terres. Le khéprech, couronne bleue, particulièrement arborée par les rois du Nouvel Empire. La couronne atef d'Osiris qui reprend la forme de la couronne blanche surmontée d'un soleil et flanquée de deux plumes d'autruche. La couronne hemhem constituée de 3 couronnes atef, de deux uraeus et de cornes de bélier.

Les dialectes de l'égyptien pharaonique


égyptien

Le copte possède cinq dialectes principaux dont le plus important est le sahidique de Haute-Egypte. Il va sans dire qu'à l'époque pharaonique, des parlers régionaux coexistaient également, ancêtres de ces patois, mais bien entendu, le choix d'une langue d'état, utilisée par l'administration et le Pouvoir, reflet de l'unité territoriale, s'est imposée comme langue écrite.


Les périodes historiques de l'Egypte ancienne

période pharaonique
C'est à l'égyptologue Lepsius que l'on doit au XIXe siècle les appellations d'empires égyptiens. Ces empires correspondent aux périodes où Haute (le sud) et Basse-Egypte (le nord) sont gouvernées de façon unitaire par un seul pharaon, par opposition aux périodes intermédiaires où le pouvoir pharaonique est disloqué et instable. Durant les périodes intermédiaires, les dynasties peuvent se chevaucher.
Vers 3200 av. J.-C. débute la période historique avec l'époque thinite (dynasties 0 à 2) à laquelle succède l'Ancien Empire (dynasties 3 à 6) d'une durée approximative de 500 ans. C'est l'époque de Djéser, Snéfrou, Chéops et des grandes pyramides.
Suit la Première Période intermédiaire (dynasties 7 à début 11), crise sociale majeure interne, et le Moyen Empire (fin dynasties 11 à 12), lequel eut une durée approximative de 300 ans. C'est l'époque des Montouhotep, des Amenemhat et des Sésostris.
Vient ensuite la Deuxième Période intermédiaire (dynasties 13 à 17), le temps fort des Hyksos, et le Nouvel Empire (dynasties 18 à 20) dont la durée est de 481 ans. C'est l'époque des Amenhotep, des Thoutmosis, d'Hatchepsout, d'Akhenaton, de Toutânkhamon et des Ramsès.
Enfin, la Troisième Période intermédiaire (dynasties 21 à 25) qui verra notamment les Libyens et les Kouchites prendrent le pouvoir, et la Basse Epoque (dynasties 26 à 31) dont la durée est de 340 ans, durant une partie de laquelle il y aura deux dominations perses, et qui sera suivie par l'époque grecque au IVème siècle avant notre ère avec les Ptolémée, remplacée en 30 av. J.-C. par l'époque romaine jusqu'au IVème siècle de notre ère. L'Egypte passe alors dans le giron de l'Empire byzantin avant la conquête arabe au VIIe siècle.

Les étoffes pharaoniques

étoffe dans l'égypte ancienne
Parmi les offrandes offertes aux dieux égyptiens durant le culte quotidien ou bien encore aux défunts, les étoffes tiennent une place importante de par le rôle de protection qu'elles assument pour celui qui les porte. Ainsi, tandis que les bandelettes des momies sont associées à certaines divinités, à titre d'exemple on peut citer celles de la tête qui sont mises en relation avec Rê-Horakhty, Nekhbet, Hathor, Thot, Nebet-Hetepet ou Sekhmet, l'étoffe ménékhet représente l'étoffe la plus courante présentée dans les offrandes. Celle-ci peut être de différentes couleurs, chaque couleur étant liée à un rôle précis : l'étoffe blanche contre les ennemis, la bleue sert à voiler le dieu, la verte pour la santé et la vigueur de celui-ci et enfin la rouge qui le protège.
Les étoffes ines et idémi sont de couleur rouge, si elles sont offertes en offrandes, l'idemi sert aussi à confectionner le manteau royal de la fête-sed.  On trouve également l'offrande de l'écharpe siat de couleur blanche à franges dont le rôle, notamment pour les défunts, est de chasser les ténèbres.  A côté de cela, il existe encore d'autres variétés de tissus.


Le némès

le némès du pharaon
Avoir abordé les étoffes m'amène tout naturellement à parler du némès, l'une des coiffes les plus célèbres du pharaon dont l'exemple le plus fameux reste celui d'or et de lapis-lazuli du masque de Toutânkhamon, mais ce nom ne désigne pas seulement cela. Le némès est aussi l'étoffe dont se vêtent les dieux et qui fait l'objet d'une offrande dans le rituel égyptien.
R.B.


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Des cours de civilisation sur l'Egypte ancienne pour tous sont dispensés à Le Quesnoy, Centre Lowendal.
Quelques exemples


LES SCRIBES DANS L'EGYPTE ANCIENNE

Dans une civilisation où l'archivage était omniprésent, où l'efficacité de l'administration reposait sur la bonne transmission des informations, où le document écrit était une donnée essentielle du rite et de l'éternité, celui qui savait écrire, le scribe, avait une place indispensable. Terme générique, on le retrouve un peu partout. Ce cours se propose de présenter ses divins patrons, Thot et Séchat, de voir l'enseignement qu'il recevait, le matériel qu'il utilisait, ainsi que sa présence dans les différents départements de l'administration pharaonique.

L'ADMINISTRATION AU TEMPS DES PHARAONS

Les grands travaux architecturaux de l'Ancien Empire ont rendu nécessaire la création d'une organisation du travail précise, particulière et efficace. Ainsi, le système des phylés, c'est-à-dire les équipes organisées en section et sous-sections, d'ouvriers, d'employés ou de prêtres permettaient d'effectuer les tâches par roulement, tandis que le système de la corvée permettait un recrutement par réquisition d'une main-d'oeuvre abondante ainsi que son affectation par les services centraux selon les besoins.

L'ECRITURE HIERATIQUE

Pour écrire dans la vie de tous les jours, les Anciens Egyptiens délaissaient les hiéroglyphes pour utiliser une cursive : l'écriture hiératique, beaucoup plus pratique et rapide pour les textes administratifs, littéraires, comptables, mathématiques, médicaux, juridiques, épistolaires, etc. Cette écriture évolua au fil du temps dans son tracé pour aboutir finalement au démotique qui la remplacera dans son usage profane.

Pour ceux qui souhaitent apprendre les hiéroglyphes, des cours en ligne sont disponibles sur ce site, agrément organisme formation 31.59.05422.59

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