La vision de l'univers selon les anciens Egyptiens

Le monde selon les anciens Egyptiens correspondait au créé sorti de l'incréé, le Noun, océan primordial, espace liquide inerte, sans lumière, sans limites, où aucune chose n'existait en son sein, si ce n'est le démiurge (celui qui vient à l'existence de lui-même dans une sorte d'auto-sédimentation au jour de la Création). Au moment de créer le monde, il se différencie donc en prenant selon les mythes la forme d'Atoum, de Ptah... et se met à concevoir en usant de différentes méthodes, là encore en fonction des différents mythes religieux de création, c'est-à-dire les cosmogonies d'Héliopolis, de Memphis, d'Hermopolis, d'Eléphantine, etc.

A la suite de cette action, le Noun n'a pas pour autant disparu. Désormais, il enveloppe le monde créé, permettant sa régénération, et se manifeste sous divers aspects, comme la nappe phréatique ou l'inondation. Ayant été repoussé pour laisser place à la Création, le Noun menace toujours de réabsorber le monde créé. C'est ainsi qu'Apophis, le serpent qui en est une manifestation menace chaque nuit la course du soleil, Rê : Il doit être vaincu afin que l'astre du jour puisse reparaître à l'horizon au matin. Aussi les pharaons se doivent de maintenir l'équilibre, par leurs actions et les rituels, en amenant maât et en repoussant le désordre jusqu'à ce que le monde finisse par retourner à l'incréé car le temps égyptien est double - cyclique et linéaire. Créé et incréé s'inscrivent dans un mouvement dynamique de recommencement perpétuel.